Catégorie : 06 – Juin

  • Appel à la démission de la directrice générale et des directrices générales adjointes de Greenpeace France

    Mardi 9 juin, l’assemblée statutaire (AS) s’est réunie sur des questions essentielles impactant l’avenir de Greenpeace France :

    • L’élargissement du Conseil d’administration (CA) à 7 membres.  
    • Le vote de deux propositions de budget.

    Grâce à une mobilisation des salarié⸱e⸱s, des militant⸱e⸱s et des activistes, le projet de plan de licenciement de la direction a reçu un camouflet.

    Le verdict est sans appel : les deux propositions de budget intégrant un plan de licenciement de 29 ou 23 personnes ont été rejetées par l’AS :

    • Proposition 1 (PSE à 29 suppressions de postes) : REJETÉE (19 contre, 7 pour, 1 abstention). 
    • Proposition 2 (PSE à 23 suppressions de postes, avec des concessions de façade) : REJETÉE (15 contre, 11 pour, 1 abstention).

    Ce vote souverain de l’AS est un désaveu cinglant pour la stratégie de la direction et la vision politique qui l’accompagne.

    La majorité des militant⸱e⸱s et des activistes s’est mise en grève pour signifier son désaccord, la direction a persisté. Les salarié⸱e⸱s ont co-construit des pistes alternatives, se sont mobilisé⸱e⸱s aux côtés des autres communautés, la direction a persisté. Maintenant que l’AS refuse à son tour le budget, la direction persiste encore ! La confiance est rompue.

    Comment expliquer que le plan de licenciement soit encore et toujours sur la table, et que la mobilisation des communautés ne soit toujours pas prise en compte ?

    Cette persistance à vouloir imposer un PSE, et la réorganisation qui en découle, ne relève pas d’une simple contrainte technique, mais bien d’un choix politique. Ce modèle budgétaire et managérial préserve les plus hauts salaires, en sacrifiant les postes opérationnels, et ce, au moyen des dons des adhérent·es.

    Cette approche perpétue une vision hiérarchique verticale et dépassée : celle d’un management par les « sachant·e·s » où l’on attend des autres communautés qu’elles valident et exécutent a posteriori.

    Ce fonctionnement contredit frontalement les principes de la Nouvelle Équation que nous avons pourtant votés collectivement. Ils impliquent un modèle de gouvernance qui nous permette de bénéficier d’un cadre de confiance pour avancer ensemble grâce à l’intelligence collective et à la transparence. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut progresser : en posant les réflexions et les décisions en inter-communautés.

    La direction invoque le retour de la confiance et dit avoir pris acte de notre demande de temps supplémentaire afin de poursuivre la co-construction. Mais elle continue à imposer son agenda sans tenir compte de la scission et de la souffrance dans les effectifs salariés et militants. Elle invoque l’urgence de voter le budget, l’urgence de mettre en œuvre le plan de licenciements. Pour nous, il est surtout urgent de prendre le temps de prioriser l’humain, véritable richesse de Greenpeace, et les alternatives : celles étudiées par les salarié⸱es et toutes celles encore à co-construire avec l’ensemble des communautés.

    Car notre capacité collective à mobiliser ce temps de la meilleure manière possible est immense dès l’instant où la confiance est partagée et que nous ne confondons pas vitesse et précipitation… Ainsi nous resterons fidèles aux principes de la Nouvelle Équation et nous trouverons ensemble une sortie de crise alternative avec un budget cohérent et adapté à la situation financière.

    AS, salarié⸱e⸱s, militant⸱e⸱s, activistes et adhérent⸱e⸱s ne forment qu’un seul et même équipage, réuni par les valeurs de Greenpeace et les principes de la Nouvelle Équation. En contrevenant à ces principes, en tentant d’imposer un plan de licenciement de manière brutale et en refusant de prendre en compte notre opposition, jusqu’à minimiser le vote de l’AS, la direction a achevé de rompre toute confiance.

    Se remettre au travail dans l’état actuel des choses est inenvisageable. Au vu des risques que nous prenons tous·tes collectivement pour mener à bien nos campagnes et nos actions, la confiance se doit d’être infaillible. Pour que Greenpeace puisse espérer repartir sur une base de confiance entre toutes les communautés, pour que nous puissions retrouver un fonctionnement associatif où chaque individu est intégré de la façon la plus juste, nous demandons la démission immédiate de la directrice générale et des directrices générales adjointes.

    Il est encore tout à fait possible d’interrompre le PSE actuel pour revenir à un processus sain et transparent avec une gouvernance partagée capable de mener cette reconstruction collective. Tout au long des dernières années, lors des différentes réorganisations que nous avons traversées et lors du chantier Nouvelle Équation, des personnes ont montré des qualités incroyables pour faciliter le travail en commun, la cohésion, et l’écoute. Sans aucun doute l’intelligence collective peut triompher au-delà de cette direction et mener la mise en œuvre des alternatives et les économies financières nécessaires.

    Le collectif interco pour des alternatives et pour un projet fidèle aux principes votés de la Nouvelle Équation

  • 9 juin – L’AS dit NON à un budget incluant un plan de licenciement !

    Le 9 juin, l’Assemblée statutaire était appelée à voter pour ou contre deux propositions de budget soumises par la direction, l’une incluant un plan de licenciement supprimant 29 postes, l’autre 23. 

    La veille de ce vote crucial pour l’avenir de notre organisation, des militant•es des groupes locaux parisiens se sont mobilisé•es pour adresser un message clair à l’AS: « PSE on en veut toujours pas, AS rejetez le budget ».

    Les deux propositions de budget ont été rejetées!  La première, prévoyant 29 suppressions de poste, a été rejetée à 73%. La seconde, basée sur 23 suppressions de poste, a été rejetée à  58%.  Conclusion, le budget de la direction est refusé, y compris dans sa version révisée.

    Après deux mois et demi de lutte contre ce plan de licenciement, le résultat de ce vote crucial montre que l’AS a entendu la voix des communautés mobilisées, qui exprime majoritairement un refus de ce PSE, et appelle au respect de l’humain, de nos valeurs, et des principes votés ensemble dans le cadre de la Nouvelle Équation.
     
    C’est une belle victoire d’étape mais la lutte continue, on vous tiendra au courant des prochaines étapes d’ici peu !

  • MARDI 2 JUIN : UNE JOURNÉE DE MOBILISATION du collectif contre le plan de licenciement

    Tapis rouge pour les alternatives au plan de licenciement / Cartons rouges à la direction pour non-respect des principes du projet institutionnel et des principes directeurs de la gouvernance, votés via la Nouvelle Équation.

    08H45 – Accueil musical et piquet de grève

    • L’action : Une trentaine de salarié·es, militant·es, adhérent·es et activistes se rassemblent devant le siège de Greenpeace France pour l’arrivée des directeurices. Au programme : slogans, chants et installation d’un tapis rouge devant la salle plénière, surmonté d’une banderole claire : « Tapis rouge pour les alternatives au PSE et la Nouvelle Équation ».
    • L’objectif : Braquer les projecteurs sur le projet institutionnel et les principes directeurs de la gouvernance (Nouvelle Équation*), votés par un échantillon représentatif des communautés de GPF, il y a un an déjà.

    10h15 – Action de désobéissance civile

    Une action de désobéissance civile et de communication directe est déployée lors d’une réunion entre le CSE et la direction.

    • L’action : Des militant·es font irruption dans la salle pour distribuer des cartons rouges à la directrice exécutive et à l’une des co-directrices générale adjointe, présente à cette réunion. Parallèlement, des photos de militant·es brandissant ces mêmes cartons sont collées sur les portes vitrées de la pièce.
    • Le motif : Sanctionner un plan de licenciement jugé brutal, violent, opaque et non inclusif, en totale contradiction avec les principes votés de la Nouvelle Équation. Chaque manquement est argumenté avec des exemples. Le texte de la prise de parole est à retrouver sur ce lien. 
    • La réponse de la direction : La directrice exécutive déclare qu’elle « réfute évidemment ces cartons rouges, en tout cas en partie ». Refusant de répondre en détail sur le moment, elle demande à recevoir le texte écrit pour y répondre ultérieurement. 
    • La section syndicale ASSO-Solidaires prend la parole pour exprimer son soutien au mouvement social de lutte contre le plan de licenciement et réitère sa demande de retrait du plan de licenciement et de sa réorganisation associée.
    • Un élu sur liste non syndicale dénonce l’action, y voyant un dévoiement de la Nouvelle Équation, une manipulation de la réalité et une interruption regrettable du dialogue social.
    • Deux autres élus ASSO-Solidaires appuient la demande de retrait du plan de licenciement et exigent que l’ensemble de ces interventions soient consignées au procès-verbal (PV).

    Soirée – Accueil du Conseil d’Administration et visio intercommunautés sur les alternatives au plan de licenciement

    18h30 – Accueil des membres du Conseil d’Administration (CA) se réunissant physiquement au siège, les autres étant en visio pour leur réunion

    • L’action : Une membre du CA et la directrice exécutive sont accueillies par des militant-es avec des banderoles chiffrant l’ampleur du mouvement : « Les activistes en grève », « 33/35 Groupes Locaux mobilisés », « 103 salarié·es signataires ». Dans la salle de réunion, les mêmes cartons rouges distribués pendant la matinée sont déposés sur les tables. Les photos des militant-es avec leur carton rouge sont toujours exposées sur le mur vitré, complété par le message : « Carton rouge : Direction en rupture avec Nouvelle Équation ». Sur l’écran de la visio connectée au CA s’affiche : « CA : soyez du bon côté de l’histoire ». Le reste des membres du CA étant en visio, les banners et cartons ont été exposés face caméra, complété par l’explication des revendications.
    • La réponse du CA : Un membre du board Luxembourg a proposé aux militant-es de poser une question, ce que les militant-es ont accepté après réflexion. Suite à cela, les deux membres présentes du CA (dont la présidente) ont accepté acceptent de rejoindre la visio intercommunautés à la fin de leur réunion pour poursuivre les échanges.

    19h – Début de la visio interco

    Cette visio a permis d’échanger sur les alternatives présentées par les groupes de travail des salarié-es. La partie présentation a été enregistrée sur ce lien.

    21h45 – Question au CA

    Lorsque les deux membres du CA rejoignent la visio, le collectif leur adresse une question directe, restée pour l’instant sans réponse : «Les principes de la Nouvelle Équation s’appliquent également à vous, membres du CA. Votre rôle de contre-pouvoir vous impose d’évaluer le fonctionnement de l’organisation, de questionner les choix de la direction générale et d’exiger des explications. Notre question reste donc, à ce jour, sans réponse : «Comment comptez-vous respecter et faire respecter les engagements de la Nouvelle Équation?». La prise de parole du collectif à l’attention du CA est à retrouver sur ce lien.

    La journée de mobilisation a été suivie par une journaliste de Vert le média. L’article est à retrouver sur ce lien.

    En conclusion : Un calendrier difficilement tenable

    Le collectif tient à souligner une nouvelle fois l’absurdité du calendrier imposé par la direction. On demande à l’Assemblée Statutaire (AS) de voter le 9 juin un budget incluant le plan de licenciement (à 23 ou 29 suppressions de postes), alors que les conclusions de la contre-expertise de CALLENTIS, mandaté par le CSE, sur la situation économique et financière, ne seront rendues que le 12 juin.

    Le collectif exige du temps pour analyser cette expertise et permettre au travail de co-construction des alternatives d’aboutir sereinement.

    *Rappel : Qu’est-ce que la Nouvelle Équation ?

    La « Nouvelle Équation » est un processus collaboratif, structuré et exigeant, lancé il y a 2 ans, pour redéfinir les orientations stratégiques de GP et son modèle de gouvernance. Nouvelle Équation a pour objectif de répondre aux dysfonctionnements organisationnels et aux risques psychosociaux qui impactent depuis longtemps les équipes salariées  et les militant-es. Cet effort a représenté un coût financier de 200 000 euros, mais surtout des milliers d’heures de réflexion, de co-construction et d’engagement humain.

    Avec l’accompagnement du prestataire Démocratie Ouverte, un chemin rigoureux a été parcouru :

    • Un diagnostic partagé a d’abord été établi.
    • Un projet institutionnel fort est né à l’automne 2024.
    • Les principes directeurs de notre future gouvernance ont été validés en mars 2025.

    Par un vote équilibré entre nos différentes communautés, de nouveaux organes de gouvernance ont été choisis. Depuis novembre 2025, un groupe de représentant-es de nos communautés s’est attelé à rendre ces décisions opérationnelles, dans le respect de nos valeurs et du cadre qui nous lie à Greenpeace International. Ce travail devait ensuite être soumis à la consultation du CSE, avant un vote final des nouveaux organes de gouvernance, et les changements de statuts, vote prévu (à date) en décembre prochain par l’Assemblée Statutaire (AS).

    Nous rappelons l’engagement moral pris par les instances de gouvernance au lancement de cette démarche “…les instances de gouvernance et le comité de direction prennent l’engagement moral d’appliquer les décisions qui émergeront de la démarche participative, sauf dans le cas où elles entreraient en contradiction avec les valeurs de Greenpeace international..”.