Page récap de la mobilisation contre le PSE

  • PSE toujours non

    Et bonne rentrée militante! Le 1er septembre, les tags à la craie devant le siège de Greenpeace ont été rafraîchis, arborant les messages « PSE toujours non » et interpellant la direction: PSE, « Pourquoi S’entêtEr? ». On lâche rien!

    Tags à la craie: un arc en ciel, un phoenix et un message: Pourquoi S'entetEr?
    Des ballons accrochés à la façade de Greenpeace France forment le message: "PSE TOUJOURS NON"
  • PSE: le désaveu

    Le 20 août, la direction a annoncé avoir « décalé » sa demande d’homologation auprès de la DRIEETS. Contrairement à ce qui est présenté dans son e-mail, les demandes de la DRIEETS sont un véritable désaveu du projet de PSE. Le message est clair : le projet n’est tout simplement PAS homologable en l’état.

    La section syndicale ASSO-Solidaires a publié un tract pour dénoncer ce désaveu, vous pouvez le consulter ici.

    Nous n’avons à ce stade pas davantage d’informations que vous concernant la suite du calendrier.

    En reculant discrètement pendant l’été, en commençant à déployer leur plan avant l’homologation, en tentant de remettre les salarié·es au travail comme si de rien n’était, la direction compte avant tout sur le silence et la dispersion pour faire retomber la mobilisation. Ne lui accordons pas cela.

    A la rentrée, rendez-vous en grève, en AG, et partout où nous le pourrons, pour défendre nos emplois et nos valeurs.

  • Un PSE quoi qu’il en coûte

    Après le rejet des propositions budgétaires par l’AS, une direction qui tente de faire voter un budget dépolitisé

    Les votes de l’Assemblée Statutaire des 27 et 28 juin sont clairs : le budget voté pose un cadre financier mais il ne donne aucun blanc-seing à la direction sur son projet de PSE. Ce dernier a d’ailleurs été rejeté par deux fois le 9 juin. Un premier budget, basé sur un PSE à 29 suppressions de poste, a été rejeté à 73 % des voix. Le second, basé sur 23 suppressions de poste et l’intégration de certaines alternatives, l’a été à hauteur de 58 % des voix

    Trois jours plus tard seulement, une nouvelle proposition, quasiment identique à l’une des versions rejetées le 9 juin, a été présentée dans un tour de passe-passe par la direction comme une option qui permettrait de couvrir à la fois un plan de licenciement, une rupture conventionnelle collective et un plan de départ volontaire autonome. Pour que ce budget puisse être voté, elle a fait le pari d’un budget vidé de sa portée politique et qui semble parer à toute issue des négociations avec les instances représentatives du personnel. Cette proposition, votée à 62 % des voix, offre ainsi un cadre budgétaire à GPF pour 2026, mais elle ne valide aucunement le plan de licenciement de la direction et la somme de poursuivre les négociations.

    Pourtant, seulement deux jours se sont écoulés à l’issue du vote avant que la direction annonce à la section syndicale le maintien de son plan de licenciement et la fin des négociations. Le 6 juillet, elle est même allée jusqu’à envoyer à la Drieets (Direction Régionale Interdépartementale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités) un procès-verbal de désaccord qui mentionnait de multiples points d’accord qui n’en étaient pas. Une manière surprenante de respecter le vote des membres de l’AS qui appelaient à poursuivre le dialogue social.

    La direction s’en justifie en brandissant les résultats d’un sondage réalisé auprès des salarié·es dans des conditions qui laissent pourtant à désirer.

    Quand le sondage devient une tactique pour produire de l’opinion

    Un sondage concernant les modalités de suppression de postes aurait pu être un outil au service de la discussion interne. Malheureusement, les trop nombreux biais méthodologiques font plutôt état d’une intention de la direction de tordre le réel dans le but d’obtenir un soutien artificiel sur son projet de PSE.

    Le sondage a été élaboré par la direction, seule. Cette dernière a consulté un membre du groupe de travail “Consultation”, qui a notamment coordonné le précédent sondage relatif aux alternatives mais n’a pas sérieusement tenu compte de ses retours. En tout, 90 salarié·es ont répondu, soit une baisse de 23 % par rapport au précédent sondage.

    Les résultats ont été agglomérés en trois jours par la direction, seule, puis présentés aux membres de l’AS avant même d’avoir fait l’objet d’une présentation et d’un échange avec les premiers et premières concerné·es.

    Principal enseignement largement communiqué par la directrice générale lors de l’AS : une “écrasante majorité” des salarié·es serait favorable au PSE-PDV. En réalité, près de 40 % des salarié·es n’ont pas répondu au sondage. En outre, la direction a retiré les 27 voix qui ont coché “Autre”, en les faisant passer pour des “voix non exprimées” ou des “votes blancs”. Au final, 45 salarié·es seulement se sont déclaré·es favorables au PSE, dont 32 ne sont pas concerné·es par les licenciements.

    Ce type d’instrumentalisation est malheureusement récurrent et ne nous permet pas de travailler en confiance avec cette direction. Vote à l’AS bafoué, parodie de dialogue social, sondage aux dés truqués, incapacité totale à tendre la main pour imaginer une voie de sortie collective, voilà au fond ce qui résume l’approche de la direction depuis maintenant quatre mois. Une direction déterminée à aller jusqu’au bout quoi qu’il en coûte.

    Un projet de PSE qui n’a pas beaucoup évolué depuis mars

    Après quatre mois d’une douloureuse bataille interne, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

    Les principaux changements entre la version initiale et celle envoyée à l’inspection du travail sont superficiels, notamment relatifs à la formation, aux critères d’ordre de départs ou aux indemnités. Le projet, dans son essence, n’a pas changé. L’organisation cible et donc les postes ciblés par les licenciements sont toujours les mêmes. Elle se caractérise par une surreprésentation des postes opérationnels, des salarié·es managé·es et met particulièrement à risque les personnes ayant une activité syndicale. Alors que le plan vise un objectif d’économie financière, il épargne paradoxalement les plus hauts salaires. En quatre mois, l’organisation cible n’a pas bougé, pas plus que la vision qui la sous-tend.

    Une évolution a été celle du nombre de postes supprimés. La première baisse de 33 à 29 postes est artificielle puisque tout laisse à penser qu’elle n’est rien de plus que la marge de négociation que la direction s’est donnée dès le début du projet. La seconde, annoncée à l’issue des travaux conduits au sein de l’espace de réflexion collective, prévoit une baisse de 29 à 23 postes supprimés, conditionnée à une évolution des salaires comme le proposaient les groupes de travail salariés. Pourtant, les travaux des salarié·es ont permis de conclure à la possibilité de sauvegarder entre 11 et 15 postes. Pourquoi la direction a-t-elle tablé sur six ? Après avoir posé plusieurs fois la question, le mystère reste entier. 

    Alors que le respect du consentement découle du principe de non-violence que Greenpeace affiche en externe, il aura fallu attendre trois mois et le rejet de deux propositions budgétaires par l’Assemblée Statutaire pour que la direction s’en soucie. Elle a ainsi ouvert une phase de volontariat aux salarié·es issu·es de catégories professionnelles non impactées par le PSE. Cependant, les modalités sont tellement conditionnées à de multiples critères que le nombre de licenciements contraints restera certainement très important.

    Extrait de l’avis du CSE sur le projet de PSE (p.25) :  “Callentis parvient au même constat (p.63) : « Le faible nombre de candidats éligibles au regard du critère lié à l’impact des suppressions de postes aboutit à un ciblage des salarié·es. Un ciblage d’autant plus important au regard des conditions cumulatives et peu lisibles pour accéder au volontariat de substitution. » Le CSE relève que, plutôt que d’ouvrir une possibilité de départ choisi susceptible d’éviter des licenciements contraints, ce ciblage restreint l’accès à des salarié·es prédéterminé·es.”

    Par ailleurs, les conséquences de ce plan de licenciement sur l’ensemble de l’organisation sont encore largement sous-estimées.

    Impacts du PSE sur le réseau militant : angle-mort de la direction ou politique de la terre brûlée ?

    Le projet de PSE ne tient absolument pas compte de l’impact de ses mesures sur le réseau militant et activiste. Pourtant, dès les premières semaines, une large majorité a exprimé son soutien au mouvement social et sa sidération face à la méthode employée et au contenu du projet. À ce jour, un grand nombre de militant·es et d’activistes sont toujours en grève, ont abandonné certaines de leurs fonctions, voire ont d’ores et déjà quitté le navire. De nombreux·ses autres pourraient suivre si ce PSE va jusqu’au bout. Ce n’est pas une menace, c’est une large partie des militant·es et activistes qui ne se retrouvent pas dans ces méthodes et qui font actuellement face à une perte de sens. Pourquoi mettre son énergie dans une organisation qui ne fait que reproduire la violence du système que nous combattons ? Pas une ligne dans le projet de PSE sur ses conséquences sur le réseau, sur la perte annoncée de nos forces vives et son impact sur nos capacités à faire campagne, malgré les très nombreuses alertes.

    Extrait de l’avis du CSE sur le projet de PSE (p.63) : “Callentis en tire le constat suivant (p.189) : « le dossier ne peut pas évaluer sérieusement le PSE s’il traite les salariés, les bénévoles, les militants, les adhérents et les donateurs comme des sphères séparées. Chez Greenpeace, ces sphères sont imbriquées. Leur réaction peut affecter la Collecte, le climat social, l’image, l’engagement, la charge de travail et la capacité réelle de mise en œuvre de l’organisation cible. » Or, aucune de ces communautés bénévoles n’a été associée à l’élaboration du projet, et le Livre IV ne comporte aucune analyse de ses conséquences sur elles.”

    Que va devenir Greenpeace ? Une agence de communication qui mènera des campagnes d’opinion et pour laquelle le militantisme sera optionnel ? Un think tank qui produira de nouvelles idées en continuant de défendre une approche sociale de l’écologie après avoir conduit un plan de licenciement de manière autoritaire ?

    Malgré les votes de la Nouvelle Équation qui place le réseau militant au cœur de la mission sociale de Greenpeace, force est de constater que ce dernier n’est ni respecté ni considéré par cette direction qui privilégie la voie de l’entêtement, de manière solitaire.

    Ainsi, elle se prive de la puissance créative de ce réseau qui pourrait grandement contribuer à bâtir une alternative crédible. De cette méthode découlerait pourtant un effet de synergie positif pour l’organisation et notamment pour la collecte.

    Malgré la sollicitation du CA, une direction qui avance en roue libre

    Face à l’obstination de cette direction et à un cadre respectueux et loyal qui n’était plus assuré, le syndicat ASSO-Solidaires a publié un communiqué qui sollicitait l’intervention du CA pour la poursuite des négociations. Parmi les derniers événements en date, une lettre visant entre autres la déléguée syndicale, contenant des propos attentatoires à sa dignité, a été envoyée anonymement à l’ensemble des communautés Greenpeace. Ce contexte hostile ne permettait pas de poursuivre les négociations dans un cadre respectueux et loyal, dans l’intérêt des salarié·es et de leur emploi. 

    Ainsi, nous demandions à ce que le rôle de garde-fou du CA, qui constitue à la fois sa fonction institutionnelle, mais aussi une condition associée au vote du cadre budgétaire, soit pleinement exercé. Mais cette sollicitation est restée sans réponse. 

    Depuis, le CSE a rendu un avis défavorable sur le projet de PSE en s’appuyant sur le rapport d’expertise de Callentis. La direction, qui a pour obligation de répondre à cet avis en indiquant d’éventuelles modifications à son projet, a répondu directement lors de sa présentation en réunion, contrairement à la pratique habituelle, sans avoir pris le temps ni la peine d’étudier le document.

    Cela ne l’a pas empêché d’envoyer le 29 juillet le plan de licenciement à la DRIEETS pour homologation, sans y intégrer aucune des remarques ou demandes formulées par le CSE dans son avis, basé sur le rapport de son expert Callentis. La réponse à la demande d’homologation du PSE est attendue autour du 20 août.

    Un CA renouvelé qui reste, pour l’instant, dans la continuité

    Un autre vote clé a eu lieu, avec le renouvellement fin juin de deux sièges au CA et l’arrivée d’un·e septième membre. Le passage à sept membres devait permettre, grâce au nombre impair de voix, d’éviter la prépondérance de la voix présidentielle en cas d’égalité lors d’un vote. 

    Suite au renouvellement de ses membres, nombreux·ses étaient celleux qui attendaient le vote, lors du premier CA du 29 juin, pour la désignation du nouveau bureau avec la réattribution des différents rôles, notamment celui de président·e. Malgré les volontés de certain·e·s de ses membres de rendre ce CA plus transparent et plus démocratique, le flou autour de la tenue ou non de ce vote a été total. Cette incertitude a conduit des militant·es d’Ile-de-France à se mobiliser pour demander à ce que le bureau du CA soit renouvelé. Le vote a bien eu lieu, deux semaines plus tard, le bureau s’est renouvelé, mais nous ne comprenons pas comment, malgré une égalité de voix, l’ancienne présidente a pu se maintenir.

    Le 15 juillet, un calendrier alternatif a été proposé au CA par des membres du CSE. Ce calendrier, issu d’un travail collaboratif du mouvement social, a vocation à montrer qu’une autre voie est possible pour sortir Greenpeace de la paralysie dans laquelle le plan de licenciement l’a plongée. Il s’appuie sur les précédents rendus d’avis CSE et les rapports d’expertise sur la situation économique et financière et sur les orientations stratégiques. 

    La première étape de ce calendrier impliquait que le CA se positionne clairement pour trancher sur la poursuite ou l’abandon du plan de licenciement. À ce jour, la position du CA n’est toujours pas claire pour les communautés qui manquent cruellement d’informations. 

    En ce qui concerne la transparence, force est de constater que le mandat du CA ne porte pas ses fruits à ce jour, notamment auprès des communautés militantes et adhérentes qui n’ont reçu quasiment aucune information depuis l’AS de fin juin. 

    Nous gardons toutefois espoir que nos voix puissent être entendues et dignement représentées au sein de la gouvernance associative.

    Une pression culpabilisante poussant à la reprise du travail

    La direction ne semble pas avoir pris conscience de la gravité de la situation. Il ne peut y avoir de retour à la normale en un claquement de doigts. La fracture créée par ce PSE, le choix de l’organisation cible, la rupture de confiance, la violence de la méthode avec laquelle ce projet est désespérément imposé, tout cela ne se résorbera pas tant que le projet ne sera pas abandonné et qu’aucun espace ne sera créé pour permettre la réelle co-construction d’un projet alternatif.

    Pourtant, les pressions de la direction se multiplient pour un retour au travail. Une pression culpabilisante, brandissant l’argument de l’urgence de l’échéance présidentielle. Il serait bon de rappeler que ce n’est pas le mouvement social intercommunautaire qui bloque un retour au travail, mais bien la direction en choisissant de maintenir coûte-que-coûte un projet qui conduira, s’il va à son terme, à une altération irrémédiable de notre réseau militant et activiste, de nos capacités d’action et de nos valeurs.

    C’est pourquoi nous appelons solennellement les managers et manageuses à soutenir leurs équipes, aux côtés de celles et ceux qui luttent pour un projet susceptible de panser nos plaies et de retisser nos liens, plutôt qu’un projet dont les conséquences sociales, humaines et éthiques auront un prix beaucoup trop élevé pour chacun·e d’entre nous.

    Une rentrée en lutte !

    Nous avons aussi besoin du CA, de l’AS, de ce qui fait le cœur battant de notre démocratie interne pour imposer à la direction une autre voie, celle du dialogue et de la construction collective.

    À toutes les personnes qui désespèrent de ce projet, à toutes celles qui s’inquiètent pour l’avenir de Greenpeace et pour celui de ses militant·es, il n’est pas trop tard ! Nous comptons sur vous pour imaginer avec nous un nouvel horizon. 

    Ne nous laissons pas abattre, il y a plein de belles perspectives de lutte en cours de préparation pour la rentrée.

    On n’attend plus que vous pour venir donner de la force 🙂

    Le collectif interco pour des alternatives et pour un projet fidèle aux principes votés lors de la Nouvelle Équation

  • Appel à la démission de la directrice générale et des directrices générales adjointes de Greenpeace France

    Mardi 9 juin, l’assemblée statutaire (AS) s’est réunie sur des questions essentielles impactant l’avenir de Greenpeace France :

    • L’élargissement du Conseil d’administration (CA) à 7 membres.  
    • Le vote de deux propositions de budget.

    Grâce à une mobilisation des salarié⸱e⸱s, des militant⸱e⸱s et des activistes, le projet de plan de licenciement de la direction a reçu un camouflet.

    Le verdict est sans appel : les deux propositions de budget intégrant un plan de licenciement de 29 ou 23 personnes ont été rejetées par l’AS :

    • Proposition 1 (PSE à 29 suppressions de postes) : REJETÉE (19 contre, 7 pour, 1 abstention). 
    • Proposition 2 (PSE à 23 suppressions de postes, avec des concessions de façade) : REJETÉE (15 contre, 11 pour, 1 abstention).

    Ce vote souverain de l’AS est un désaveu cinglant pour la stratégie de la direction et la vision politique qui l’accompagne.

    La majorité des militant⸱e⸱s et des activistes s’est mise en grève pour signifier son désaccord, la direction a persisté. Les salarié⸱e⸱s ont co-construit des pistes alternatives, se sont mobilisé⸱e⸱s aux côtés des autres communautés, la direction a persisté. Maintenant que l’AS refuse à son tour le budget, la direction persiste encore ! La confiance est rompue.

    Comment expliquer que le plan de licenciement soit encore et toujours sur la table, et que la mobilisation des communautés ne soit toujours pas prise en compte ?

    Cette persistance à vouloir imposer un PSE, et la réorganisation qui en découle, ne relève pas d’une simple contrainte technique, mais bien d’un choix politique. Ce modèle budgétaire et managérial préserve les plus hauts salaires, en sacrifiant les postes opérationnels, et ce, au moyen des dons des adhérent·es.

    Cette approche perpétue une vision hiérarchique verticale et dépassée : celle d’un management par les « sachant·e·s » où l’on attend des autres communautés qu’elles valident et exécutent a posteriori.

    Ce fonctionnement contredit frontalement les principes de la Nouvelle Équation que nous avons pourtant votés collectivement. Ils impliquent un modèle de gouvernance qui nous permette de bénéficier d’un cadre de confiance pour avancer ensemble grâce à l’intelligence collective et à la transparence. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut progresser : en posant les réflexions et les décisions en inter-communautés.

    La direction invoque le retour de la confiance et dit avoir pris acte de notre demande de temps supplémentaire afin de poursuivre la co-construction. Mais elle continue à imposer son agenda sans tenir compte de la scission et de la souffrance dans les effectifs salariés et militants. Elle invoque l’urgence de voter le budget, l’urgence de mettre en œuvre le plan de licenciements. Pour nous, il est surtout urgent de prendre le temps de prioriser l’humain, véritable richesse de Greenpeace, et les alternatives : celles étudiées par les salarié⸱es et toutes celles encore à co-construire avec l’ensemble des communautés.

    Car notre capacité collective à mobiliser ce temps de la meilleure manière possible est immense dès l’instant où la confiance est partagée et que nous ne confondons pas vitesse et précipitation… Ainsi nous resterons fidèles aux principes de la Nouvelle Équation et nous trouverons ensemble une sortie de crise alternative avec un budget cohérent et adapté à la situation financière.

    AS, salarié⸱e⸱s, militant⸱e⸱s, activistes et adhérent⸱e⸱s ne forment qu’un seul et même équipage, réuni par les valeurs de Greenpeace et les principes de la Nouvelle Équation. En contrevenant à ces principes, en tentant d’imposer un plan de licenciement de manière brutale et en refusant de prendre en compte notre opposition, jusqu’à minimiser le vote de l’AS, la direction a achevé de rompre toute confiance.

    Se remettre au travail dans l’état actuel des choses est inenvisageable. Au vu des risques que nous prenons tous·tes collectivement pour mener à bien nos campagnes et nos actions, la confiance se doit d’être infaillible. Pour que Greenpeace puisse espérer repartir sur une base de confiance entre toutes les communautés, pour que nous puissions retrouver un fonctionnement associatif où chaque individu est intégré de la façon la plus juste, nous demandons la démission immédiate de la directrice générale et des directrices générales adjointes.

    Il est encore tout à fait possible d’interrompre le PSE actuel pour revenir à un processus sain et transparent avec une gouvernance partagée capable de mener cette reconstruction collective. Tout au long des dernières années, lors des différentes réorganisations que nous avons traversées et lors du chantier Nouvelle Équation, des personnes ont montré des qualités incroyables pour faciliter le travail en commun, la cohésion, et l’écoute. Sans aucun doute l’intelligence collective peut triompher au-delà de cette direction et mener la mise en œuvre des alternatives et les économies financières nécessaires.

    Le collectif interco pour des alternatives et pour un projet fidèle aux principes votés de la Nouvelle Équation

  • 9 juin – L’AS dit NON à un budget incluant un plan de licenciement !

    Le 9 juin, l’Assemblée statutaire était appelée à voter pour ou contre deux propositions de budget soumises par la direction, l’une incluant un plan de licenciement supprimant 29 postes, l’autre 23. 

    La veille de ce vote crucial pour l’avenir de notre organisation, des militant•es des groupes locaux parisiens se sont mobilisé•es pour adresser un message clair à l’AS: « PSE on en veut toujours pas, AS rejetez le budget ».

    Les deux propositions de budget ont été rejetées!  La première, prévoyant 29 suppressions de poste, a été rejetée à 73%. La seconde, basée sur 23 suppressions de poste, a été rejetée à  58%.  Conclusion, le budget de la direction est refusé, y compris dans sa version révisée.

    Après deux mois et demi de lutte contre ce plan de licenciement, le résultat de ce vote crucial montre que l’AS a entendu la voix des communautés mobilisées, qui exprime majoritairement un refus de ce PSE, et appelle au respect de l’humain, de nos valeurs, et des principes votés ensemble dans le cadre de la Nouvelle Équation.
     
    C’est une belle victoire d’étape mais la lutte continue, on vous tiendra au courant des prochaines étapes d’ici peu !

  • MARDI 2 JUIN : UNE JOURNÉE DE MOBILISATION du collectif contre le plan de licenciement

    Tapis rouge pour les alternatives au plan de licenciement / Cartons rouges à la direction pour non-respect des principes du projet institutionnel et des principes directeurs de la gouvernance, votés via la Nouvelle Équation.

    08H45 – Accueil musical et piquet de grève

    • L’action : Une trentaine de salarié·es, militant·es, adhérent·es et activistes se rassemblent devant le siège de Greenpeace France pour l’arrivée des directeurices. Au programme : slogans, chants et installation d’un tapis rouge devant la salle plénière, surmonté d’une banderole claire : « Tapis rouge pour les alternatives au PSE et la Nouvelle Équation ».
    • L’objectif : Braquer les projecteurs sur le projet institutionnel et les principes directeurs de la gouvernance (Nouvelle Équation*), votés par un échantillon représentatif des communautés de GPF, il y a un an déjà.

    10h15 – Action de désobéissance civile

    Une action de désobéissance civile et de communication directe est déployée lors d’une réunion entre le CSE et la direction.

    • L’action : Des militant·es font irruption dans la salle pour distribuer des cartons rouges à la directrice exécutive et à l’une des co-directrices générale adjointe, présente à cette réunion. Parallèlement, des photos de militant·es brandissant ces mêmes cartons sont collées sur les portes vitrées de la pièce.
    • Le motif : Sanctionner un plan de licenciement jugé brutal, violent, opaque et non inclusif, en totale contradiction avec les principes votés de la Nouvelle Équation. Chaque manquement est argumenté avec des exemples. Le texte de la prise de parole est à retrouver sur ce lien
    • La réponse de la direction : La directrice exécutive déclare qu’elle « réfute évidemment ces cartons rouges, en tout cas en partie ». Refusant de répondre en détail sur le moment, elle demande à recevoir le texte écrit pour y répondre ultérieurement. 
    • La section syndicale ASSO-Solidaires prend la parole pour exprimer son soutien au mouvement social de lutte contre le plan de licenciement et réitère sa demande de retrait du plan de licenciement et de sa réorganisation associée.
    • Un élu sur liste non syndicale dénonce l’action, y voyant un dévoiement de la Nouvelle Équation, une manipulation de la réalité et une interruption regrettable du dialogue social.
    • Deux autres élus ASSO-Solidaires appuient la demande de retrait du plan de licenciement et exigent que l’ensemble de ces interventions soient consignées au procès-verbal (PV).

    Soirée – Accueil du Conseil d’Administration et visio intercommunautés sur les alternatives au plan de licenciement

    18h30 – Accueil des membres du Conseil d’Administration (CA) se réunissant physiquement au siège, les autres étant en visio pour leur réunion

    • L’action : Une membre du CA et la directrice exécutive sont accueillies par des militant-es avec des banderoles chiffrant l’ampleur du mouvement : « Les activistes en grève », « 33/35 Groupes Locaux mobilisés », « 103 salarié·es signataires ». Dans la salle de réunion, les mêmes cartons rouges distribués pendant la matinée sont déposés sur les tables. Les photos des militant-es avec leur carton rouge sont toujours exposées sur le mur vitré, complété par le message : « Carton rouge : Direction en rupture avec Nouvelle Équation ». Sur l’écran de la visio connectée au CA s’affiche : « CA : soyez du bon côté de l’histoire ». Le reste des membres du CA étant en visio, les banners et cartons ont été exposés face caméra, complété par l’explication des revendications.
    • La réponse du CA : Un membre du board Luxembourg a proposé aux militant-es de poser une question, ce que les militant-es ont accepté après réflexion. Suite à cela, les deux membres présentes du CA (dont la présidente) ont accepté acceptent de rejoindre la visio intercommunautés à la fin de leur réunion pour poursuivre les échanges.

    19h – Début de la visio interco

    Cette visio a permis d’échanger sur les alternatives présentées par les groupes de travail des salarié-es. La partie présentation a été enregistrée sur ce lien.

    21h45 – Question au CA

    Lorsque les deux membres du CA rejoignent la visio, le collectif leur adresse une question directe, restée pour l’instant sans réponse : «Les principes de la Nouvelle Équation s’appliquent également à vous, membres du CA. Votre rôle de contre-pouvoir vous impose d’évaluer le fonctionnement de l’organisation, de questionner les choix de la direction générale et d’exiger des explications. Notre question reste donc, à ce jour, sans réponse : «Comment comptez-vous respecter et faire respecter les engagements de la Nouvelle Équation?». La prise de parole du collectif à l’attention du CA est à retrouver sur ce lien.

    La journée de mobilisation a été suivie par une journaliste de Vert le média. L’article est à retrouver sur ce lien.

    En conclusion : Un calendrier difficilement tenable

    Le collectif tient à souligner une nouvelle fois l’absurdité du calendrier imposé par la direction. On demande à l’Assemblée Statutaire (AS) de voter le 9 juin un budget incluant le plan de licenciement (à 23 ou 29 suppressions de postes), alors que les conclusions de la contre-expertise de CALLENTIS, mandaté par le CSE, sur la situation économique et financière, ne seront rendues que le 12 juin.

    Le collectif exige du temps pour analyser cette expertise et permettre au travail de co-construction des alternatives d’aboutir sereinement.

    *Rappel : Qu’est-ce que la Nouvelle Équation ?

    La « Nouvelle Équation » est un processus collaboratif, structuré et exigeant, lancé il y a 2 ans, pour redéfinir les orientations stratégiques de GP et son modèle de gouvernance. Nouvelle Équation a pour objectif de répondre aux dysfonctionnements organisationnels et aux risques psychosociaux qui impactent depuis longtemps les équipes salariées  et les militant-es. Cet effort a représenté un coût financier de 200 000 euros, mais surtout des milliers d’heures de réflexion, de co-construction et d’engagement humain.

    Avec l’accompagnement du prestataire Démocratie Ouverte, un chemin rigoureux a été parcouru :

    • Un diagnostic partagé a d’abord été établi.
    • Un projet institutionnel fort est né à l’automne 2024.
    • Les principes directeurs de notre future gouvernance ont été validés en mars 2025.

    Par un vote équilibré entre nos différentes communautés, de nouveaux organes de gouvernance ont été choisis. Depuis novembre 2025, un groupe de représentant-es de nos communautés s’est attelé à rendre ces décisions opérationnelles, dans le respect de nos valeurs et du cadre qui nous lie à Greenpeace International. Ce travail devait ensuite être soumis à la consultation du CSE, avant un vote final des nouveaux organes de gouvernance, et les changements de statuts, vote prévu (à date) en décembre prochain par l’Assemblée Statutaire (AS).

    Nous rappelons l’engagement moral pris par les instances de gouvernance au lancement de cette démarche “…les instances de gouvernance et le comité de direction prennent l’engagement moral d’appliquer les décisions qui émergeront de la démarche participative, sauf dans le cas où elles entreraient en contradiction avec les valeurs de Greenpeace international..”.

  • Etat des lieux de la mobilisation militante au 02/06

    Une très grande majorité des activistes les plus impliqués sont en grève. 

    La pétition contre le PSE à Greenpeace France recueille plus de 1000 signatures : C’est Ici

    Sur les 35 groupes locaux de Greenpeace France:

    👉 👊 33 GL mobilisés, soit 94% du réseau (Angers, Annecy, Blois, Bordeaux, Brest, Clermont, Dijon, Grenoble, La Réunion, La Rochelle, Le Mans, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Montélimar, Montpellier, Nancy, Nantes, Narbonne, Orsay, Paris Daumesnil, Paris Denfert, Paris Nord, Paris St Lazare, Poitiers, Rouen, Sète, Toulon, Toulouse, Tours, Troyes, Versailles): grève, photos de soutien, communication publique (web, relais pétition), arrêt du recrutement, actions de soutien type tag à la craie, gilet GP détourné etc.

    👉 ❌ dont 20 GL en grève, soit + de 50% du réseau (Annecy, Bordeaux, Clermont, Le Mans, Lyon, Metz, Montélimar, Montpellier, Nancy, Orsay, Paris Daumesnil, Paris Denfert, Paris Nord, Paris St Lazare, Poitiers, Rouen, Sète, Toulon, Toulouse, Versailles)

    👉 🔜❌ Coordi·es et Référent·es qui prévoient de quitter GPF en cas d’application du PSE : plus d’une quinzaine. 3 coordi-es et 3 référent-es ont déjà quitté leur poste, 1 coordi est en grève. 

    👉 🔜 ❌ Refus de collaboration / participation, orga d’événements (ex : Village Antifa Paris 2026, 40 ans Tchernobyl Montélimar, Mobilisations Hexane)

    👉 📷 19 GL ont participé à la JNM photo op (Angers, Annecy, Bordeaux, Dijon, Grenoble, La Rochelle, Lille, Lyon, Nantes, Orsay, Paris Daumesnil, Paris Denfert, Paris Nord, Paris St Lazare, Poitiers, Tours, Troyes, Versailles)

  • Mardi 5 mai

    Le 5 mai, les salarié⸱es ont présenté des alternatives sérieuses, crédibles et chiffrées, travaillées au cours des deux semaines précédentes dans des espaces de réflexion collective. Certaines alternatives, comme la réduction des écarts de salaires ou la baisse du temps de travail, ont été mises sur la table. Ces pistes sont autant de preuves que l’intelligence collective aurait pu être activée avant de recourir au plan de licenciement, et qu’il y a bien d’autres voies possibles. Elles représentent, pour le collectif, la seule opportunité pour sortir de cette crise par le haut et dessiner un Greenpeace conforme à ses valeurs de justice sociale.

    A la suite de la présentation, des militant⸱es sont entré⸱es dans la salle, et une interpellation à plusieurs voix a été effectuée au nom du collectif mobilisé, pour demander une nouvelle fois le retrait du plan de licenciement.

    Face à un énième refus de la direction, le collectif a décidé d’occuper le siège de l‘association, en mettant en place un blocage avec un barrage filtrant pour les directeurices, tout en laissant passer les salarié⸱es. Après une nuit passée au sein des locaux de l’association, l’occupation a pris fin au bout de 24h, soit le 6 mai à 14h. C’est une première dans l’histoire de Greenpeace France.

    Au 5 mai, voici un point sur la mobilisation de nos groupes locaux (GL) soutenant le mouvement. Pour rappel Greenpeace France compte 35 groupes locaux.

    • 25 groupes locaux se sont mobilisés de différentes manières : 
      • grève, photos de soutien, communication publique (web, relais pétition), arrêt du recrutement, actions de soutien type tag à la craie, gilet GP détourné etc…

    Greenpeace Clermont, La Rochelle, Tours, Paris Nord, Daumesnil, Versailles, St Lazare, Troyes, Narbonne, Montélimar, Nantes, Poitiers, Annecy, Toulouse, Marseille, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Lille, Brest, Sète, Rouen, Bordeaux, Le Mans, Metz

    • Dont 12 en grève
      • ces derniers suspendent leurs participation aux activités de Greenpeace France pour des durées variées et conditionnent la reprise de ces dernières au retrait de ce plan de licenciement 

    Greenpeace Montélimar, Toulouse, Annecy, Paris Nord, Montpellier, Daumesnil, Poitiers, Rouen, Versailles, Metz, Sète, Le Mans 

    • Une quinzaine de coordinateurices et référents thématiques de groupe locaux prévoient de quitter Greenpeace en cas d’application du plan de licenciement.
    • 3 Coordi·es de 3 GL différents ont déjà quitté leur poste et un Coordi·e est en grève.
    • 3 Référent·es AES (Alliance Écologique et Sociale) de 2 GL différents ont déjà quitté leur poste.
    • Des refus de collaboration / participation, orga d’événements (ex : Village Antifa Paris 2026, 40 ans Tchernobyl Montélimar)
  • Vendredi 1er mai

    Mobilisation du Groupe Local de La Rochelle lors de la manif du 1er mai

    Mobilisation du Groupe Local de Troyes lors de la manif du 1er mai